Message de Mgr Pansard pour Pâques 2021

Le jour pointe et il fait encore sombre à l’extérieur et surtout dans le cœur de tous ceux qui avaient suivi Jésus. Dans la grisaille, les ombres et les nuits de nos vies marquées par des espérances déçues, des enthousiasmes vite éteints, des épreuves et fragilités qui entravent notre chemin, là retentit l’annonce pascale.

La poésie de la belle séquence pascale évoque le drame et le duel de la mort et de la vie qui s’affrontent : Le maître de la vie mourut ; vivant il règne. Elle évoque aussi un dialogue vivant entre la première des témoins Marie-Madeleine et quelqu’un, nous, qui lui demandons son témoignage : Dis-nous Marie-Madeleine qu’as-tu vu en chemin ? Le Christ, mon espérance, est ressuscité. Il vous précède en Galilée.

La Galilée pour les disciples de Jésus, c’était leur lieu de vie et de travail, le lieu de leur rencontre avec Jésus, de leur réponse à son appel, là où ils avaient vécu en proximité avec Lui. Leur suite du Christ a été interrompue par l’épreuve de la mort de Jésus comme l’évoque les disciples d’Emmaüs : nous espérions… mais… (Lc 24)

Chacun de nous a sa Galilée où le Seigneur Ressuscité le précède et l’attend. N’est-ce pas là où précisément sont nos racines les plus intimes, là où se trouve ce qu’il y a de plus profond de plus vrai, de plus personnel dans nos vies et que le Seigneur vient re-susciter.

« Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera ». (Ep5,14)

Éveille-toi ! Ne sommes-nous pas éveillés ? Organisant nos vies, brassant bien des affaires, portant nos soucis… et pourtant ? Comme Marie-Madeleine, comme les disciples d’Emmaüs, comme Thomas, comme Pierre c’est dans notre Galilée intérieure que le Seigneur nous attend et les précède. Comme l’apôtre Pierre est éveillé à ce qu’il y a de plus vrai et de plus fort en lui malgré son reniement : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Jn 21. Cet appel du ressuscité fait jaillir en lui une capacité d’aimer qui ne craindra plus la mort : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime ». Il est devenu un homme nouveau.

Comme ces 184 frères et sœurs adultes et adolescents de notre diocèse qui en ces fêtes pascales naissent à la vie par les sacrements de l’initiation chrétienne. Ils ont découvert que « Personne ne vit mieux en fuyant les autres, en se cachant, en refusant de compatir et de donner, en s’enfermant dans le confort. Ce n’est rien d’autre qu’un lent suicide ».

Ils expérimentent la joie de la rencontre du Christ : « avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître, que marcher avec lui n’est pas la même chose que marcher à tâtons, que pouvoir l’écouter ou ignorer sa Parole n’est pas la même chose, que pouvoir le contempler, l’adorer, se reposer en lui, ou ne pas pouvoir le faire n’est pas la même chose. Essayer de construire le monde avec son Évangile n’est pas la même chose que de le faire seulement par sa propre raison. Nous savons bien qu’avec lui la vie devient beaucoup plus pleine et qu’avec lui, il est plus facile de trouver un sens à tout. » Pape François, La Joie de l’Évangile n° 266

Oui « Le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux” (2 Co 5, 15) ».

Bonnes fêtes pascales à tous !

Fraternellement.
+ Michel Pansard, Évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes